Actoral, que de Belges !

Ouvert à l’ensemble de la création (théâtrale, littéraire, chorégraphique et visuelle), le “festival des écritures contemporaines” marseillais consacre un temps fort à la scène belge, avec des artistes confirmés ou découvertes. Voici cinq spectacles à ne pas rater.

Le plus sulfureux : Jan Fabre
Depuis le Festival d’Avignon 2004, où son spectacle Histoire des Larmes a provoqué le scandale, il symbolise la dimension polémique de la création contemporaine. Cette pièce de 2012 s’avère tout aussi sulfureuse avec son discours très permissif sur les drogues : Antony Rizzi (danseur historique de William Forsythe) interprète ce solo qui raconte la dépendance à toutes sortes de substances pour résister à la course du temps et à la mort. Allez, fume c’est du belge ! (oui, on ose).
Drugs kept Me Alive le 4 octobre à 21h au Théâtre du Gymnase.

Le plus tordu : Alexander Vantournhout
« Comment transformer un défaut en qualité » : c’est sur ce principe qu’Alexander Vantournhout a retourné une moquerie en stratagème scénique. Son long cou (neck, donc) est ici le vecteur premier de son expression. Nu, il exécute une chorégraphie entre contorsion et danse (il a été élève à Parts, l’école d’Anne-Teresa Keersmaeker mais aussi formé au cirque), le Bruxellois aspire avec l’aide de certains appendices (gants de boxe, platform boots) à dévoiler un corps surhumain.
Aneckxander les 4 & 5 octobre à 19h30 au Théâtre des Bernardines.

Le plus polyphonique : Alain Platel
La dernière création de l’emblématique Flamand s’appuie à nouveau sur la musique symphonique (celle de Gustav Mahler) pour la mêler aux chants polyphoniques congolais, un mix Europe/Afrique qu’il a expérimenté sur de précédents spectacles et qui fait écho à l’histoire coloniale de son pays. Ici sa chorégraphie sollicite neuf interprètes pour un discours très incarné inspiré par le livre de Philip Blom Les Années Vertiges 1900-1914. Ou comment l’histoire s’est accélérée en Europe avant de sombrer dans la première guerre mondiale.
Nicht Schlafen les 4 & 5 octobre à 21h à la Salle Guy Obino à Vitrolles.

Le plus loufoque : Miet Warlop
En le découvrant à Actoral (avec Mystery Magnet et Dragging The Bone), on est restés stupéfaits et hilares à la vue des explosions de décor, des épandages de couleurs vives et des défilés de costumes transformistes. On retrouve dans la dernière création du plasticien, chorégraphe, humoriste et musicien son parti-pris déjanté : cette performance possède tous les attributs du concert, avec un groupe soumis aux caprices d’objets mobiles (vivants ?) et à des lois gravitationnelles inattendues.
Fruits of Labour le 11 octobre à 21h et le 12 à 19h au Théâtre de La Criée.

Le plus poétique : Benjamin Verdonck
Dans We Don’t speak to be understood (avec Pieter Ampe), l’acteur-metteur en scène et plasticien se mesure aux  Quatre Saisons de Vivaldi, jouant le décalage avec cette œuvre musicale écrasante par des postures lymphatiques à la Buster Keaton. Un spectacle visuel ingénieux, poétique et déroutant. Plus modeste dans sa forme, One More Thing sollicite le musicien Oh !Tiger Mountain pour une « installation miniature mobile » d’un petit quart d’heure et un auditoire d’une vingtaine de personnes. Mais la poésie demeure au rendez-vous.
We don’t Speak to be understood les 7 & 8 octobre à 21h au Théâtre du Gymnase.
One More Thing les 7 & 8 octobre à 18h15 et 19h au Théâtre du Gymnase.


Actoral

jusqu’au 15 octobre
www.actoral.org

Actoral, que de Belges !

http://www.actoral.org/

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